• Chapitre 1

    Tout était sombre dans la forêt de Mira. Autour de la petite Ahénolïa, les feuilles des arbres projetaient leurs ombres sur les feuilles mortes qui jonchaient le sol, tandis que les branches semblaient se battre entre elles avec férocité. Le vent glacial fouettait les joues roses de l'enfant. Elle était transie de froid, grelottant dans son petit manteau rouge. Ses dents s'entrechoquaient violemment, mordant, au passage, ses lèvres gercées.

    La petite fille était en train de geler sur place, au milieu de nul part, mais se refusait toujours à rentrer chez elle. Si Ahénolïa Sting retournait chez elle, elle se considérerait elle-même comme une lâche. Elle avait défié ses parents et s'ils la voyaient passer le pas de la porte, ils se moqueraient d'elle. Elle en était sûre. Et lorsqu'elle se mettait à douter, leurs paroles lui revenaient en mémoire et la faisaient dire tout haut qu'elle ne bougerait pas.

    « Papa est-ce que je suis une lâche ?

    -Les gens qui affrontent la tempête, bravent le froid pour aller travailler, les médecins, les pompiers, les gendarmes ne sont pas lâches par exemple. Alors en ce moment tu peux te considérer comme lâche parce que tu es là, emmitouflée dans ton peignoir, au chaud devant ta télé. Oui Nolie, on peut dire que tu es lâche. »

    Non, les parents de la petite Ahénolïa n'étaient pas tendres avec elle. C'est peut-être d'ailleurs pour cela qu'elle était devenue, au fil des jours, une gamine capricieuse, prétentieuse et égoïste, comme ses parents. Ahénolïa était aussi peste que sa mère et hautaine que son père. Mais elle n'était pas née ainsi. Non, elle pensait que c'était ses parents qui l'avaient changée. Elle rejetait systématiquement la faute sur son père et sur sa mère, refusant de croire qu'elle avait toujours été comme ça.

    Mais Ahénolïa regrettait d'être aussi fière parce que c'était cela qui l'avait conduite dans les bois. Et la voilà maintenant trempée jusqu'aux os, gelant sur place, morte de peur parce qu'elle avait erré entre les troncs, sans vraiment regarder le chemin qu'elle prenait. Si on pouvait appeler cela un chemin. Elle avait plutôt l'impression d'être hors du sentier. Et ce depuis très longtemps.

    Quelle sotte ! Elle se maudissait intérieurement d'avoir autant de fierté ! Si seulement elle avait le cran de rentrer chez elle... Mais non. Parce qu'Ahénolïa était une gamine stupide, idiote et dotée d'un égo surdimensionné !

    ***

    Ah ! La voilà ! La p'tite gamine aux yeux verts ! La prétentieuse ! La détestable ! La petite Ahénolïa !

    Caché derrière un arbre, un homme emmitouflé dans un long manteau jaune, coiffé un chapeau noir, observait la petite fille qui gelait au milieu des bois. Depuis le temps qu'il attendait ce moment... L'homme au chapeau avait passé les 27 derniers jours à venir dans les alentours pour surveiller le comportement et les habitudes de l'enfant. Et le moment était venu. Il allait enfin pouvoir atteindre son but, qu'il convoitait tant depuis de nombreux mois...

    L'homme au chapeau n'était plus qu'à quelques pas de l'enfant, quelques pas... Il avança son pied gauche. Un pas. Il avança son pied droit. Deux pas. Il était arrivé à 8 mètres derrière Ahénolïa. Elle ne l'entendait même pas marcher sur les feuilles mortes à cause des rafales assourdissantes qui secouaient la forêt. Pied gauche. Pied droit. Pied gauche. Pied droit. Pied g...

    *CRAC*

    L'homme au chapeau venait de marcher sur une branche desséchée que le vent avait fait tomber. Il vit la petite se retourner vivement dans sa direction et ouvrir des yeux grands comme des soucoupes quand elle s'aperçut qu'elle n'était pas toute seule dans les bois. Et que cet homme n'était sûrement pas là par hasard...

     

     Il devait agir... Vite.  


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