• Chapitre 3

    Samedi 23 janvier 2009, 12h17, maison de la famille Sting.



    Jimmy Sting était affalé sur le canapé du salon, regardant un match de baseball féminin. Il avait toujours aimé la façon dont les filles bougeaient leurs hanches à chaque coup de batte qu'elles donnaient. Il se disait toujours que ce ne serait jamais Alésia qui régalerait ses yeux à ce point. Il avait ouvert sa chemise, laissant voir son torse hideux et couvert de poils. Il avait jeté ses chaussures dans l'entrée, ne prenant pas la peine de vérifier qu'elles ne gêneraient personne, les laissant traîner ainsi, au milieu du passage.

    Alésia était debout dans sa cuisine, s'escrimant à ouvrir une boîte de conserve contenant leur repas du soir. Elle n'était pas une grande cuisinière, encore moins un chef. Son seul talent culinaire se limitait au fait d'ouvrir les boîtes avec un ouvre-boîte pour gaucher, alors qu'elle était droitière. Mais ce jour-là, la boîte lui résistait et elle dût se résoudre à demander de l'aide à son mari.

    « Jim !

    - Quoi encore ?!

    - Tu peux m'aider ?

    - A faire quoi ?

    - Ouvrir la boîte.

    - Godiche...

    - Pardon ?

    - Donne-moi ça ! »

    Il lui arracha presque la boîte des mains et se mit à l'ouvrir brusquement.

    « Eh bien voilà, c'est pas compliqué !

    - Merci...

    - Où elle est l'autre ?

    - Qui ça ?

    - Ta fille tiens !

    - Arrête de l'appeler '' l'autre ''...

    - Elle est jamais là quand il faut.

    - Je ne sais pas où elle est.

    - Ahénolïa Sting vient ici ! se mit-il à hurler dans la maison.

    (...)

    - Mais où est-ce qu'elle est encore planquée ?

    - Laisse-la Jim...

    - Non ! Quand je l'appelle elle vient ! Nolie !

    - Jim laisse... »

    Jim lui assena une violente gifle qui laissa une marque rouge sur la joue d'Alésia.

    « Jim !

    -Tais-toi ! Nolie ? Viens ici ma chérie...

    - Ne viens pas Nolie ! Reste où tu es !

    - Tais-toi bon sang ! Je veux voir ma fille !

    - Tu oses te prendre pour son père ? Tu as vu comment tu lui parles ? Tu ne t'occupes jamais d'elle ! Tu passes ton temps à la traiter de lâche ! Tu la laisses faire n'importe quoi !

    - Moi ? Moi je la laisse faire n'importe quoi ? Dois-je te rappeler à cause de qui nous avons dû l'envoyer à l'hôpital parce qu'elle avait failli avaler du détergent ?

    - C'était un accident ! Je l'avais quittée des yeux pendant dix secondes ! Dix secondes !

    - Dix secondes de trop !

    - Et toi ? Tu étais où pour la surveiller ? Hein ? Dis-le moi !

    - Je ne peux pas toujours être là !

    - Et moi si ? C'est ça ?

    - Tu es sa mère ! D'ailleurs va voir où elle est !

    - Tu n'as qu'à y aller toi-même ! C'est bien toi qui la cherche non ?

    - Bon sang c'que tu m'énerves ! »

    Jimmy se leva avec peine de son canapé et se dirigea vers l'escalier qui menait à l'étage. Il monta chacune des marches en bois de l'escalier en tapant des pieds, afin de bien faire comprendre à sa femme que si ce tapage l'agaçait, elle n'avait qu'à monter chercher leur fille elle-même.

    Il déboula sur le palier, énervé au plus haut point et ouvrit violemment la porte de la chambre de la petite Ahénolïa, provoquant un courant d'air qui fit voler les nombreuses feuilles de dessin qui était posées en tas sur le petit bureau qu'elle avait reçu pour ses 3 ans.

    Elle n'était pas là. Il fouilla partout : sous le lit, dans l'armoire, sous le bureau, derrière la porte, sous la couverture et même sous le matelas. Aucune trace de sa fille. Sa colère redoubla d'intensité.

    « Ahénolïa Sting arrête de jouer ! C'est pas drôle ! Si tu ne sors pas tout de suite de ta cachette et que c'est moi qui te trouve tu vas avoir de sérieux problèmes ! Dépêche-toi »

    Il entra dans sa propre chambre et fouilla aux mêmes endroits que dans la pièce précédente. Toujours personne. Il continua à regarder dans toutes les recoins de l'étage mais faisait toujours chou blanc. Il redescendit en bas, furieux et mit chacune des pièces sens dessus dessous. Enervée par tout ce bruit, Alésia sortit de sa cuisine afin d'aller voir ce que faisait son mari.

    « Elle n'est pas en haut ? demanda-t-elle d'une petite voix.

    - Tu crois vraiment que si elle était en haut je serais ici en train de m'embêter à tout fouiller ? Réponds !

    - Non...

    - Alors arrête de poser des questions idiotes à longueur de journée et retourne dans ta cuisine ! »

    Ayant peur de se prendre une nouvelle gifle, Alésia obéit à l'ordre de son mari et retourna préparer son ''repas''.

    Jimmy se tenait debout dans le garage et avait maintenant retourné chacune des pièces de la maison, mais aucune trace de sa fille. C'est alors qu'il vit, sur le panier à linge sale, près de la machine à laver, un petit peignoir rose pale. Et il se souvint.

    Il retourna à l'intérieur de la maison pour s'affaler de nouveau dans son canapé et continua à regarder les jeunes joueuses de baseball. Alésia, intriguée par l'arrêt soudain de ses recherches, s'avança timidement vers lui.

    « Alors tu... tu l'as trouvée ?

    - Non.

    - Et tu ne la cherches plus ?

    - Pas la peine. Je sais où elle est. Je m'en souviens, maintenant.

    - Ah oui ? Et où est-elle ?

    - Dans les bois.

    - Dans les bois ?

    - Eh bien oui puisque j'te l'dis !

    - Mais qu'est-ce qu'elle fait là-bas ?

    - Mais comment veux-tu que j'le sache ?

    - Mais pourquoi est-elle partie là-bas ?

    - Je l'ai traitée de lâche.

    - Pourquoi ?

    - Je t'en pose des questions moi ! Elle m'a demandé si elle était lâche, je lui ai donné des exemples de personnes courageuses et je lui ai dit que comparée à ces gens là, elle était lâche à rester toute la journée au chaud dans son peignoir !

    - Il faut qu'on aille la chercher !

    - Elle va revenir.

    - Et si elle s'est perdue ?

    - Bah... qu'est-ce que tu veux que j'te dise ?

    - Viens Jim ! On y va !

    - Mais... et le match...

    - On s'en fiche ! Il y en aura d'autres des jeunes filles qui se tortillent pour taper dans une balle ! »

    Jimmy se leva à contrecoeur et suivit sa femme dehors, après qu'ils eurent mis leurs chaussures. Ils allèrent vers la forêt de Mira, qui était attenante à leur maison et s'y engouffrèrent. Ils commencèrent à appeler Ahénolïa.

     

     Ils n'eurent aucune réponse... 


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